Diabète :
le traitement, c’est d’abord l’activité physique et la diététique
Par Anne Prigent Publié 8/7/24
Chez les patients atteints de diabète de type 2, la pratique régulière d’une activité physique réduit le risque de mortalité cardio-vasculaire de 25 % à 40 %, rappelle la Fédération française des diabétiques. DÉCRYPTAGE – Ces nouvelles habitudes de vie doivent être prescrites avant les médicaments, selon les nouvelles recommandations de la Haute Autorité de santé. C’est une petite révolution dans la prise en charge du diabète. Désormais, lorsque les médecins diagnostiquent un diabète de type 2, ils doivent d’abord proposer un changement de mode de vie avant de prescrire des médicaments. Au programme : activité physique, lutte contre la sédentarité et modifications nutritionnelles.
On sait depuis longtemps que ces modifications de mode de vie sont aussi efficaces que des médicaments pour équilibrer le taux de sucre dans le sang et, surtout, pour prévenir les complications cardio-vasculaires liées au diabète. Chez les patients atteints de diabète de type 2, la pratique régulière d’une activité physique réduit le risque de mortalité cardio-vasculaire de 25 % à 40 %, rappelle la Fédération française des diabétiques ! Sachant que les maladies cardio-vasculaires sont aujourd’hui la première cause de décès dans cette population. « C’est un traitement en soi », insiste le docteur Jean-François Thébaut, vice-président de la fédération française de diabétologie.
Chez les personnes en situation de prédiabète, qui ont un taux de sucre dans le sang au-dessus de la normale mais en dessous du seuil pour permettre le diagnostic de diabète, l’activité physique peut même éviter l’entrée dans la maladie. « Des études ont montré une diminution du risque de passage au diabète au cours des années suivantes de l’ordre de 60 % », affirme le professeur Éric Renard, chef du service endocrinologie-diabète au CHU de Montpellier. Ces résultats peuvent être obtenus sans pour autant se transformer en athlète de haut niveau. Comme l’explique la professeur Martine Duclos, chef du service de médecine du sport du CHU de Clermont-Ferrand : « Le type d’activité physique à pratiquer, c’est une association d’exercices d’endurance et de renforcement musculaire. Ils vont augmenter la sensibilité à l’insuline des tissus et améliorent ainsi la tolérance au glucose. Pour la fréquence et l’intensité, ce sont les mêmes recommandations qu’en population générale : 150 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine ou 75 minutes d’activité intense et deux fois par semaine du renforcement musculaire. »
En pratique, l’activité d’intensité modérée correspond à une marche d’un bon pas (6 km/h), ou à un déplacement à vélo à la vitesse de 15 km/h. Pour une activité d’intensité élevée, il faut passer à une marche de 7 km/h et à une vitesse de 20 km/h à vélo. « Lors d’une activité d’intensité modérée, la transpiration est modérée et il est possible d’avoir une conversation. Si l’activité est d’intensité élevée, on transpire beaucoup et la conversation est difficile », précise le Dr Alexandre Malmartel, généraliste à Morsang-sur-Orge et membre du Collège national des généralistes enseignants.
Outre l’activité physique, la Haute Autorité de santé recommande également un programme nutritionnel. « Lorsqu’on vit avec un diabète de type 2, il faut supprimer les sucres rapides et modérer la consommation de sucres lents. En outre, lorsqu’on est en surpoids, ce qui est le cas de 80 % des personnes porteuses d’un diabète de type 2, il faut perdre du poids », explique le Pr Éric Renard. Une perte de poids d’au moins 7 % de son poids initial améliore le taux de glycémie dans le sang et protège le cœur et les artères.
D’autant plus, si cette perte de poids est obtenue avec une diète méditerranéenne. « C’est le seul régime qui a prouvé qu’il réduisait la mortalité globale et cardio-vasculaire avec un haut niveau de certitude », insiste le Dr Alexandre Malmartel. Huit diabétiques sur dix se voient prescrire des traitements médicamenteux Malgré ces données solides de la science connues depuis plusieurs années, la prise en charge du diabète de type 2 passe encore majoritairement par les médicaments. Huit diabétiques sur dix se voient prescrire des traitements médicamenteux et seulement 30 % d’entre eux reçoivent des conseils sur leur mode de vie de la part de leurs médecins généralistes.
« Ces résultats, publiés dans le British Journal of General Practice ne sont pas étonnants, car le médicament, c’est une solution facile. D’autant plus avec les molécules qui ont fait la preuve qu’elles protègent du risque cardio-vasculaire », explique le Dr Alexandre Malmartel. Les médicaments sont une solution souvent plus simple pour les médecins, mais aussi pour les patients. Le diabète de type 2 est en effet une maladie qui se manifeste après 45 ans.
À cet âge, on a des habitudes bien ancrées. Modifier sur le long terme ses habitudes de vie ne va pas toujours de soi, même si l’on sait que c’est pour son bien. « Pour modifier son mode de vie, il faut être motivé, avoir les moyens de le faire et trouver un déclencheur… », reconnaît le Dr Malmartel. Pour aider les patients à passer le cap et à le maintenir sur le long terme, seul gage d’efficacité, les médecins peuvent prescrire des séances d’activité physique adaptée.
Mais ces dernières ne sont toujours pas remboursées par l’assurance-maladie. Ce qui en limite l’accès.
Commentaire de LT- L’activité physique, particulièrement l’endurance et la modération calorique renforcent et régénèrent les cellules du corps : les muscles, les organes renforcés avec plus de besoins, consomment plus de calories ; l’appareil digestif et particulièrement le pancréas digèrent beaucoup mieux le sucre
